Etude de la variabilité phénotypique et génétique dans le complexe des nématodes à kystes des céréales en vue de la sélection de la résistance chez le blé dur.

 

Sadia BEKAL

Travail réalisé au Laboratoire de Nématologie, INRA Rennes, sous la direction de Roger Rivoal.

 

Dans la zone circum-méditerranéenne où la culture de blé dur est prédominante, les espèces du complexe des nématodes à kystes des céréales, parfois en mélanges, représentent une menace parasitaire redoutable qui s'ajoute aux problèmes pédoclimatiques (sécheresse, salinité) auxquels est confrontée cette culture. La nuisibilité des espèces autres qu'Heterodera avenae est mal connue. Le statut taxinomique des entités de ce complexe demeure ambigu car les différences morphologiques qui les caractérisent sont très faibles. La position des populations de type "Gotland", considérées comme un pathotype d'H. avenae, est à préciser dans ce complexe.

 

La première partie de notre travail, portant sur la caractérisation phénotypique et génétique de ce complexe, a permis d'établir des critères pertinents pour la différenciation des entités en cause. L'étude morphologique détaillée du cône vulvaire du kyste et des larves les a séparées en trois groupes majeurs H. avenae + H. mani, H. latipons et H. filipjevi + type "Gotland". L'exploitation du polymorphisme moléculaire des ITS et des NTS de l'ADN ribosomique a apporté des marqueurs intéressants complémentaires permettant la séparation de chacune des espèces. Du fait de faibles distances génétiques, le polymorphisme généré a confirmé la proximité taxinomique de ces entités. L'analyse comparée de deux régions du rDNA a mis en évidence cependant la variabilité supérieure des NTS par rapport aux ITS et confirme aussi le pouvoir de discrimination spécifique de cette dernière. La congruence des données morphologiques et moléculaires permet de proposer l'assimilation des populations de type "Gotland" à l'espèce H. filipjevi d'autant que la barrière génétique entre H. avenae et le type "Gotland" a été démontrée. Il reste à vérifier l'interfécondité entre le type "Gotland" et H. filipjevi.

La deuxième partie a évalué le spectre de virulence des entités du complexe des nématodes étudié 1) par l'application d'hôtes différentiels du test Européen qui servent à caractériser les pathotypes d'H. avenae, 2) par le test de Triticeae, en vue de rechercher des sources de résistances pour le blé dur. Les réactions différentielles des lignées et cultivars testés ont mis en évidence un large spectre de virulence chez H. latipons, H. filipjevi et le type "Gotland", alors que celui d'H. mani est plutôt réduit. Elles ont confirmé le polytypisme de virulence chez H. avenae. La variabilité pour la résistance à ce complexe de nématodes est faible chez le blé dur. Des résistances partielles ou complètes ont été trouvées chez les Triticum cultivés et sauvages, à différents niveaux de ploïdie. L'utilisation du gène Cre1 du blé tendre Loros assurerait une protection contre la plupart des populations d'H. avenae alors que AUS 4930 offre plus de possibilités en garantissant une efficacité aussi à l'égard d'H. latipons. De fortes potentialités sont offertes par les tétraploïdes T. ovatum 79, T. ventricosum 11 et T. variabile 1 qui présentent des résistances complète ou/et partielle vis-à-vis d'H. avenae, d'H. filipjevi et d'H. latipons.



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