Résistance

 

Etude de la résistance à Sclerotinia trifoliorum chez le trèfle violet (Trifolium pratense L).


 

Bertrand DELCLOS

Thèse soutenue le 12 Décembre 1996, Université de Paris Sud- Orsay.

Travail réalisée au Laboratoire des Légumineuses, Station de Génétique et Amélioration des Plantes INRA Dijon, sous la direction de Claire Mousset-Déclas.

Dans tout l'hémisphère nord, la sclérotiniose due au champignon ascomycète Sclerotinia trifoliorum Eriks. est la principale maladie fongique touchant le trèfle violet (Trifolium pratense L.). Les pratiques culturales et l'emploi de fongicides n'étant pas totalement efficaces et souvent trop coûteux, la création de cultivars résistants à la sclérotiniose s'impose comme l'élément majeur pour une lutte intégrée. Afin de définir les meilleures méthodes de sélection pour ce caractère, nous avons étudié cette interaction hôte/pathogène sous l'angle de la génétique végétale.

Au préalable, nous avons mis au point un test pathologique en conditions contrôlées permettant d'évaluer de manière simple, fiable et peu coûteuse le niveau de résistance de génotypes et de cultivars. Il consiste à inoculer des folioles détachées par des ascospores de S. trifoliorum produites au laboratoire. Nous l'avons employé pour étudier l'hérédité de la résistance à travers cinq diallèles (4 x 4) déconnectés et deux cycles de sélection divergente sur des trèfles diploïdes. L'effet de la ploïdie sur l'expression de la résistance a ensuite été envisagé. Enfin, des marqueurs biochimiques (isoflavonoïdes révélés en HPLC) et moléculaires (RAPD isolés par une analyse en ségrégation) ont été mis en relation avec le niveau de résistance.

Ces études ont souligné l'importance de l'aptitude générale à la combinaison (AGC), les effets additifs étant prédominants dans l'expression de la variabilité génétique de la résistance. L'héritabilité en résultant s'est avérée assez élevée (h2 = 0,50 à 0,70), mais grandement affectée par la sélection pour la résistance. De plus, nous avons montré que la tétraploïdie accroît globalement le niveau de résistance. Cependant, l'effet de la ploïdie interagit fortement avec le fond génétique.

En conclusion, nous avons acquis une meilleure connaissance de la génétique de la résistance à la sclérotiniose chez le trèfle violet nous permettant d'envisager des méthodes de sélection efficaces intégrant les outils que nous avons développés: test pathologique, marqueurs RAPD, populations améliorées.



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