Analyse de la diversité génétique de Xanthomonas pv. mangiferaeindicae et sa signification dans le pouvoir pathogène et la biologie de la bactérie. Implications dans lépidémiologie de la maladie des taches noires du manguier à lîle de la Réunion.
Lionel GAGNEVIN
Thèse soutenue le 17 mars 1998, Institut National Agronomique Paris-Grignon.
Travail réalisé au Laboratoire de Phytopathologie, CIRAD-FLHOR Saint Pierre, La Réunion et au Department of Plant Pathology, Kansas State University, Manhattan, USA sous la direction de Olivier Pruvost et Jan E. Leach
Une étude de la variabilité génétique des populations de Xanthomonas pv. mangiferaeindicae à laide de sondes RFLP correspondant à un groupe de gènes hrp de X. oryzae pv. oryzae, au gène davirulence avrXa10 de X. o. pv. oryzae et à lélément insertionnel IS1595 de X. pv. mangiferaeindicae a permis de mettre en relation la diversité de ce pathovar avec lhôte dorigine des souches. Cette séparation en deux groupes, lun inféodé au manguier, lautre au faux poivrier a été confirmée à petite échelle, par le prélèvement systématique et le typage RFLP de souches dans un verger contenant les deux hôtes, alors que toutes les conditions pour le passage des bactéries dun hôte à lautre sont remplies.
Par inoculations croisées de souches isolées de manguier et de faux poivrier sur le manguier et le faux poivrier, nous avons montré quil existe une spécialisation du pouvoir pathogène qui favorise les souches inoculées sur leur hôte dorigine. La symptomatologie, les populations de bactéries dans les symptômes, la dynamique de croissance bactérienne dans les lésions, la création dinoculum secondaire par exsudation des symptômes permettent dexpliquer la prédominance des souches sur lhôte homologue. Microscopiquement, linteraction hétérologue sur manguier se caractérise par une réaction de type hypersensible incomplète de la plante et par une incapacité de la bactérie à causer lhypertrophie des tissus caractéristique de la relation compatible entre X. pv. mangiferaeindicae et le manguier. Ces éléments peuvent expliquer le faible pouvoir pathogène des souches isolées de faux poivrier sur cet hôte et leur rôle négligeable dans lépidémiologie de la maladie des taches noires du manguier, mais il est possible que dautres aspects du cycle biologique de la bactérie aient une importance. Le rôle des homologues de gènes davirulence comme révélateurs de la diversité génétique du pathovar en ces deux sous-populations suggère limplication de ces gènes dans la symptomatologie, lagressivité et le spectre dhôte de X. pv. mangiferaeindicae sur le manguier et sur le faux poivrier.